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Militantisme de Louise Michel 16 janvier 2014

Posté par abelk dans : Non classé , trackback

louisemichel11.jpgNée  le 8 mai 1830 au château de Vroncourt en Haute-Marne, Louise Michel est la fille née hors mariage du fils d’un châtelain et de sa servante. Elevée par ses grands-parents, elle reçoit une bonne instruction et une éducation libérale marquées par la philosophie des lumières. C’est cette éducation qui lui fera prendre conscience de l’injustice et de la nécessité de la combattre. Ce que nous pouvons retenir de cette militante infatigable c’est que durant son cycle de vie, elle n’a fait que déranger : enfant adultérine, femme enseignante, femme célibataire, femme déportée. 

Une institutrice dont les méthodes dérangent. En 1853, elle devient institutrice mais elle refuse de prêter serment à l’empereur Napoléon III. Son opposition à l’empire peut être résumée dans la phrase suivante : « sans l’autorité d’un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice. L’autorité d’un seul, c’est un crime ». Elle enseignera par conséquent dans des « écoles libres » c’est-à-dire sans lien avec le pouvoir, d’abord en Haute-Marne, puis à Paris à partir de 1856. De même, elle milite pour que l’école soit ouverte à tous et qu’il n’y ait pas de différence  entre les sexes. En fait, elle a une conception assez particulière de son rôle en tant qu’enseignante, au point de soutenir que: « la tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter ». 

En 1865, grâce à une somme d’argent que lui donne sa mère, venue la rejoindre à Paris, elle ouvre sa propre école à Montmartre. Pendant ces années-là, elle commence à construire sa pensée : elle est persuadée que l’humanité n’en est qu’à l’enfance et qu’elle va évoluer. Elle est convaincue que les femmes joueront un rôle moteur dans ces évolutions. 

Une femme dont le célibat dérange. A cette époque, encore plus qu’aujourd’hui, la norme sociale est la vie de couple, norme qui s’applique de façon plus contraignante sur les femmes. Après avoir refusé deux prétendants et quitté la campagne, elle se sent plus libre dans sa vie parisienne. Certes l’exode rural de Louise Michel vers les grandes villes et les concentrations industrielles était motivé par l’espoir de fuir la pauvreté et la dureté de la vie paysanne. Cependant, cet exode a sans aucun doute eu aussi comme ressort l’espoir d’une vie sociale plus libre, parce que protégée par l’anonymat et permettant plus de rencontres. C’est vrai aussi qu’à la fin du dix-neuvième siècle, le mariage concernait plus la classe bourgeoise, qui avait intérêt à garantir la transmission de leurs biens que la classe ouvrière. Cependant, la situation de cette célibataire endurcie qui était hors norme voire hors la loi ne pouvait que déranger : cela lui valu d’être surnommée la vierge rouge.

 louisemicheldportation1.jpgUne déportée dont la solidarité dérange. En 1870, elle est élue présidente du Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement de Paris. Très active pendant la Commune, Louise Michel fait partie de la frange révolutionnaire la plus radicale et se porte même volontaire pour aller seule à Versailles tuer Adolphe Thiers. Sa mère ayant été arrêtée et menacée d’être exécutée pour faire pression sur elle, Louise Michel se rend pour la faire libérer. Elle est arrêtée, passe devant un Conseil de guerre puis est condamnée en décembre 1871 à la déportation à vie. Elle est d’abord gardée dans une enceinte fortifiée puis déportée au bagne en Nouvelle Calédonie où elle restera jusqu’en 1880. Le 8 décembre 1873, elle arrive au bagne en Nouvelle Calédonie. Là, elle reprend son travail d’institutrice auprès des canaques en prison. Elle les approuve quand ils se révoltent contre la colonisation. C’est sans doute au contact de Nathalie Lemel, une des animatrices de la Commune, déportée avec elle, que Louise Michel devient anarchiste.

Libérée après la loi d’amnistie du 12 juillet 1880 et accueillie par la foule à Paris, Louise Michel reprend son activité militante. Elle donne des conférences, intervient dans des meetings, défend l’abolition de la peine de mort, les ouvriers et les chômeurs. Malgré les nombreuses arrestations voire des humiliations, personne ne pouvait mettre fin à sa détermination même pas la pneumonie qui l’entraina à la mort  à Marseille au cours d’une tournée de conférences dans le sud de la France. La foule de 120 000 personnes qui l’accompagna lors de ses funérailles témoigne assurément de sa grandeur. 

Somme toute, de tous les personnages de la Commune de Paris, Louise Michel est et restera vraisemblablement la première à avoir échappé au silence et à l’oubli liés au temps qui passe. Sa vie est un exemple de lutte sans compromission avec les règles d’une république bourgeoise et pour l’émancipation de la classe ouvrière.

Commentaires»

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